Bilan humain incertain après des frappes militaires au Nigeria
Des dizaines de personnes ont été tuées samedi 11 avril lors de frappes aériennes menées par l’armée nigériane contre des djihadistes de Boko Haram dans l’État de Yobe, selon des habitants et Amnesty International. Les estimations des victimes varient considérablement : l’ONG évoque plus de 100 morts et 35 blessés graves, tandis qu’un chef local parle de 200 morts et blessés.
Contexte d’une insurrection djihadiste persistante

Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, fait face depuis 2009 à une insurrection djihadiste alimentée par Boko Haram et des factions dissidentes comme l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap). Les frappes de Jilli, dans l’État de Yobe, illustrent la violence persistante dans cette région.
Absence de confirmation officielle
L’armée nigériane n’a pas encore réagi aux accusations, laissant planer le doute sur le bilan exact de l’opération. Les blessés ont été évacués vers les hôpitaux de Geidam et Maiduguri, mais les conditions sur place rendent difficile une évaluation précise. ## Un bilan lourd après l'attaque de Geidam
Ibrahim Liman, membre d’une milice antidjihadiste à Maiduguri, a confirmé que 70 blessés avaient été évacués vers la ville après l’assaut. L’hôpital local, submergé par l’afflux de victimes, n’était plus en mesure de les prendre en charge.
Boko Haram contrôle un marché stratégique
Selon une source du renseignement nigérian, le marché de Jilli, situé dans le nord-ouest du pays, est entièrement sous l’emprise de Boko Haram. Le groupe y impose sa loi, assurant la sécurité et percevant des taxes auprès des commerçants, venus parfois de très loin, comme des États de Kano et de Jigawa.
Des frappes militaires aux conséquences meurtrières
Les opérations aériennes nigérianes ont déjà fait des victimes civiles, sans que les enquêtes ne débouchent sur des responsabilités. En juin 2025, au moins 20 civils ont été tués dans l’État de Zamfara, où l’armée combat des gangs criminels. En février de la même année, six autres civils ont péri dans l’État de Katsina, lors d’une frappe visant des bandits.
