Un dernier mandat pour Gianni Infantino à la tête de la FIFA
Gianni Infantino a officialisé sa candidature pour un quatrième mandat à la présidence de la FIFA lors du 76e congrès de l'instance, jeudi 30 avril à Vancouver. Le dirigeant italo-suisse, âgé de 56 ans, dirige la fédération depuis 2016 et pourrait, en cas de réélection, occuper le poste jusqu'en 2031.
Selon les statuts de la FIFA, un président ne peut effectuer plus de trois mandats. Cependant, son premier mandat, entamé après la démission de Sepp Blatter en 2016, a été qualifié d'« incomplet » et n'est donc pas comptabilisé dans cette limite. Infantino a déjà été réélu en 2019 et 2023. Le 77e Congrès, qui désignera le prochain président, se tiendra le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc. Il bénéficie déjà du soutien des confédérations africaine, asiatique et sud-américaine.
L'Iran confirmé pour le Mondial 2026
Lors de son discours d'ouverture, Gianni Infantino a réaffirmé « sans ambiguïté » que la sélection iranienne participera bien à la Coupe du monde masculine aux États-Unis cet été. Cette annonce intervient dans un contexte tendu, marqué par les tensions géopolitiques et les critiques sur la neutralité de la FIFA.

Un bilan contrasté
La présidence d'Infantino a été marquée par des controverses, notamment ses liens avec Donald Trump, auquel il a remis fin 2025 le premier « Prix FIFA pour la paix ». Cette décision a valu à l'instance une plainte de l'ONG FairSquare, accusant Infantino de manquement à son devoir de neutralité.
Par ailleurs, l'élargissement du Mondial à 48 équipes à partir de 2026 a suscité des critiques, mais la FIFA peut se prévaloir d'une augmentation significative de ses recettes, estimées à 13 milliards de dollars après le cycle 2023-2026. Pour le prochain cycle (2027-2030), l'instance prévoit de distribuer 2,7 milliards de dollars à ses membres, soit huit fois plus qu'il y a dix ans. ## Un contexte géopolitique tendu autour de la participation iranienne
L'équipe nationale iranienne de football, la *Tim-e melli-e*, doit affronter trois matchs de phase de groupes aux États-Unis, malgré les tensions persistantes entre les deux pays. Les rencontres sont prévues à Los Angeles (Nouvelle-Zélande le 15 juin, Belgique le 21 juin) et à Seattle (Égypte le 26 juin). Le camp de base de la sélection est installé à Tucson, en Arizona.
Initialement, Téhéran avait envisagé un boycott de la compétition, avant de demander sans succès à la FIFA de déplacer ses matchs au Mexique, l'un des coorganisateurs. Cette demande avait été rejetée, contraignant l'Iran à jouer sur le sol américain.
Des obstacles administratifs et diplomatiques persistants
La participation iranienne reste incertaine, malgré les déclarations rassurantes de Gianni Infantino. Les dirigeants de la fédération iranienne (FFIRI) ont annulé leur présence au congrès de la FIFA, invoquant un incident à l'aéroport de Toronto. Mehdi Taj, président de la FFIRI et ancien membre des Gardiens de la révolution (GRI), a été contraint de quitter le Canada après un contrôle d'immigration jugé humiliant.
Les États-Unis, qui considèrent les GRI comme une organisation terroriste depuis 2019, avaient déjà refusé d'accorder un visa à Taj pour le tirage au sort de la Coupe du monde en décembre 2025. Cette situation complique davantage la logistique de la sélection iranienne.
Des réactions politiques contrastées
Donald Trump a réagi aux déclarations de Gianni Infantino en affirmant : *« Si Gianni l’a dit, alors je suis OK »*. Il a également indiqué avoir donné carte blanche à l'Iran concernant sa participation, déclarant : *« Tu peux les avoir. Tu n’es pas obligé de les avoir »*.
Ces propos contrastent avec les restrictions imposées aux responsables iraniens, soulignant les tensions entre la diplomatie sportive et les enjeux géopolitiques. La FIFA et les autorités américaines devront trouver un compromis pour permettre la participation de l'Iran, sans compromettre les principes de neutralité du football.
