Israël expulse les militants de la Flottille pour Gaza après des humiliations filmées

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Expulsion imminente des militants de la Flottille pour Gaza

Les autorités israéliennes ont entamé, jeudi 21 mai, l’expulsion des militants interpellés en mer lors de l’interception de la Flottille pour Gaza. Selon l’ONG Adalah, chargée de leur défense, la majorité des participants sont transférés vers l’aéroport Ramon, près d’Eilat, en vue d’un rapatriement par avion. Les quelque 430 membres d’équipage, arrêtés lundi en Méditerranée à l’ouest de Chypre, avaient été conduits de force en Israël avant d’être détenus à la prison de Ktziot, dans le sud du pays.

Réactions internationales et tensions diplomatiques

La Turquie a annoncé l’organisation de vols spéciaux pour rapatrier ses ressortissants et ceux d’autres pays détenus en Israël. Trois avions, avec une capacité totale dépassant 400 passagers, doivent atterrir à Istanbul en soirée. Parmi les militants, 78 sont turcs, selon les médias locaux. Par ailleurs, une militante germano-israélienne sera déférée devant un tribunal d’Ashkelon, sur la côte méditerranéenne.

Contexte et justifications israéliennes

Les militants de la Global Sumud Flotilla (« persévérance » en arabe) visaient à dénoncer la situation humanitaire à Gaza, soumise à un blocus maritime israélien depuis plus de deux ans. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a justifié l’interception en qualifiant les participants de « partisans terroristes du Hamas », faisant référence à l’attaque du 7 octobre 2023. L’opération a suscité des critiques internationales, notamment après la diffusion d’une vidéo montrant des militants humiliés en détention. ## Une vidéo provocatrice du ministre Ben Gvir suscite l’indignation

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a déclenché une vague de critiques en publiant sur Instagram une vidéo montrant des militants pro-palestiniens agenouillés, mains liées, sur le pont d’un navire de la marine israélienne. Dans la séquence, Ben Gvir lance un message triomphal : *« Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous »*, tandis que l’hymne national israélien retentit en fond sonore. Une jeune femme criant *« Libérez la Palestine ! »* est violemment maîtrisée par les forces de sécurité, sa tête plaquée au sol.

Réactions internes et internationales

Le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a qualifié ces images de *« spectacle honteux »*, estimant qu’elles *« n’étaient pas conformes aux valeurs d’Israël »*. Il a accusé Ben Gvir d’avoir *« sciemment nui »* à l’image du pays. Le ministre de l’extrême droite, lui, assume pleinement son geste, le qualifiant de *« grande source de fierté »*.

À l’étranger, les réactions ont été vives, notamment en Italie, dont plusieurs ressortissants figuraient parmi les militants arrêtés. Rome a jugé *« inadmissible »* le traitement infligé aux détenus et exigé des excuses. La rapporteuse spéciale de l’ONU pour les droits de l’homme dans les territoires palestiniens, Francesca Albanese, a dénoncé une *« humiliation »*, tout en soulignant que les conditions des Palestiniens en prison israélienne étaient bien pires.

Un incident révélateur des tensions politiques

Cet épisode illustre les divisions au sein du gouvernement israélien, où les positions radicales de Ben Gvir continuent de susciter des remous. Les critiques internationales, quant à elles, risquent d’alimenter les appels à une révision des relations entre l’UE et Israël, notamment sur la suspension de l’accord d’association.