Un décès en exil pour l’ancien président yéménite
Abd Rabbo Mansour Hadi, ex-président du Yémen, est décédé jeudi 28 mai à Riyad, selon un communiqué officiel. Agé de 80 ans, il était en exil en Arabie saoudite depuis 2015, date à laquelle il avait quitté le pays en pleine guerre civile. La présidence yéménite a annoncé trois jours de deuil national et attribué son décès à une "crise de santé soudaine".
Un héritage marqué par la guerre et une transition fragile

Hadi avait quitté le pouvoir en 2022, cédant ses prérogatives à un Conseil présidentiel dirigé par Rachad Al-Alimi. Son mandat avait été marqué par un conflit sanglant opposant les forces gouvernementales, soutenues par Riyad, aux rebelles houthistes, alliés à Téhéran. Une trêve négociée par l’ONU en 2022 a permis une accalmie, mais le pays reste profondément divisé, avec les insurgés contrôlant la capitale Sanaa et d’autres régions stratégiques.
Condoléances et hommage posthume
Le roi Salman et le prince héritier Mohammed ben Salman ont exprimé leurs condoléances au peuple yéménite. La présidence a salué le rôle de Hadi dans la "transition pacifique du pouvoir", soulignant son action dans une période "extrêmement délicate" de l’histoire du pays. Hadi avait accédé à la présidence en 2012 après la chute de son prédécesseur, Ali Abdallah Saleh. ## Un parcours politique marqué par les crises
Abd Rabbo Mansour Hadi, ancien président yéménite, a connu une carrière politique tumultueuse, marquée par des alliances stratégiques et des défis majeurs. Né dans la province d’Abyan, dans l’ex-Yémen du Sud, il s’est rapproché du président Ali Abdallah Saleh avant l’unification du pays en 1990. En 1994, en tant que ministre de la défense, il a joué un rôle clé dans la répression d’une tentative de sécession du Sud, consolidant ainsi son influence.
L’ascension et la chute d’un président affaibli
En 2011, Hadi a brièvement remplacé Saleh, blessé lors d’une attaque, avant de contribuer à négocier sa démission. Élu président en 2012 dans un scrutin largement symbolique, il a vu son autorité s’effondrer face à l’avancée des rebelles houthistes. En 2015, ces derniers ont pris le contrôle de Sanaa, forçant Hadi à fuir vers Aden, puis vers Riyad, où il a établi un gouvernement en exil. Son éloignement a accentué son isolement politique, tandis que le Yémen plongeait dans une guerre dévastatrice.
Un héritage entaché par la guerre et l’exil
Reste à Riyad pendant que son pays sombrait dans le chaos, Hadi a été un acteur secondaire dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts et provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde. Son rôle, longtemps éclipsé par celui de Saleh, puis marginalisé par les houthistes, illustre les fractures profondes d’un Yémen déchiré.
