Une saisine pour défendre l’environnement
Des députés socialistes et écologistes ont saisi le Conseil constitutionnel contre la loi de « simplification », définitivement adoptée cette semaine. Leur cible principale : la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), qu’ils jugent contraire à la charte de l’environnement et aux impératifs de santé publique.
Les 106 requérants – 68 socialistes et 38 écologistes – dénoncent une mesure introduite en « cavalier législatif », sans lien avec le texte initial. Ils soulignent que cette suppression aggraverait l’exposition aux particules fines et au dioxyde d’azote, « l’un des principaux déterminants environnementaux de morbidité et de mortalité en France ».
Un recul écologique contesté

La loi, initialement axée sur des allègements administratifs pour les entreprises, a intégré des mesures clivantes, dont l’abrogation des ZFE. Les députés estiment que cette décision, « sans limitation dans son champ ni dans sa durée », constitue une « régression significative » dans la lutte contre la pollution.
Le zéro artificialisation nette (ZAN), autre pilier écologique du quinquennat Macron, est également visé par le texte. Une attaque frontale contre les politiques environnementales, selon les opposants.
Un enjeu de santé publique
Les requérants rappellent que les ZFE visent à réduire les émissions de véhicules polluants, responsables de milliers de décès prématurés chaque année. Leur suppression, sans alternative, serait « incompatible avec l’obligation constitutionnelle de protection de l’environnement et de la santé ». Le Conseil constitutionnel devra trancher. ## Un texte contesté pour ses exceptions environnementales
La loi récemment adoptée inclut une exemption permettant aux collectivités de dépasser leur quota de surfaces aménageables, jusqu’à 20 % de leur enveloppe. D’autres dérogations sont prévues pour des projets industriels qualifiés d’"intérêt national majeur", notamment la construction de centres de données (data centers). Ces mesures suscitent des critiques, notamment pour leur manque de mécanismes de prévention des atteintes à l’environnement.
Des critiques sur les dérogations pour les data centers
Le texte facilite l’obtention du label "raison impérative d’intérêt public majeur" pour ces infrastructures, une condition clé pour déroger à la protection des espèces. Les députés dénoncent une "conciliation insuffisante" entre les objectifs de protection environnementale et l’implantation de ces centres. D’autres mesures, comme le report des compensations pour les atteintes à la biodiversité ou la simplification du code minier, sont également pointées du doigt.
Un encadrement des recours juridiques contesté
La loi limite dans le temps les contentieux liés aux autorisations environnementales, notamment pour des projets similaires à l’autoroute A69 dans le Tarn. L’objectif affiché est de sécuriser leur parcours juridique, mais les requérants y voient une "atteinte disproportionnée" au droit de recours. Ces dispositions alimentent un débat sur l’équilibre entre développement économique et protection de l’environnement.
