Une enquête ouverte après des menaces de mort présumées
Le parquet de Paris a confirmé, mardi 7 avril, l’ouverture d’une enquête visant le sénateur LR Thierry Meignen. La plainte a été déposée par la journaliste Nassira El Moaddem, autrice de *Main basse sur la ville*, un livre critiquant la gestion municipale de l’élu au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis). Les propos incriminés, rapportés par *Le Monde*, incluent des menaces explicites : *« Je vais la faire condamner pour diffamation. Je vais la fouetter. J’irai au bout, elle va mourir, je la tue »*.
L’enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance aux personnes de la direction de la police judiciaire parisienne.
Contexte : un livre à l’origine des tensions

Nassira El Moaddem et son éditeur, Stock, ont déposé plainte le 24 mars, après la publication des déclarations de Thierry Meignen dans *Le Monde*. Le livre *Main basse sur la ville* met en cause la gestion de l’ancien maire du Blanc-Mesnil, désormais sénateur LR. Les propos tenus par l’élu ont suscité une vive réaction, notamment dans le milieu journalistique et politique.
Réactions et suites judiciaires
Aucune réaction officielle n’a été communiquée par Thierry Meignen ou son entourage. Le parquet n’a pas précisé le délai ni les modalités de l’enquête, mais les menaces de mort sont passibles de sanctions pénales en France. La journaliste et son éditeur attendent désormais les conclusions de l’enquête. ## Un livre accusateur sur la gestion municipale de Thierry Meignen
Dans *Main basse sur la ville*, la journaliste El Moaddem dresse un bilan critique des deux mandats de Thierry Meignen, élu maire en 2014 dans une commune historiquement ancrée à gauche. Son enquête met en lumière des soupçons de favoritisme dans l’attribution des marchés publics, une purge ciblant les anciens collaborateurs de l’équipe communiste, ainsi que des liens troubles avec des figures de l’extrême droite.
Menaces de mort et silence du gouvernement
Le 26 mars, le président du Sénat, Gérard Larcher, a saisi le comité de déontologie après des demandes d’élus écologistes et socialistes. El Moaddem a salué l’ouverture d’une enquête judiciaire pour menaces de mort, mais a dénoncé l’absence de réaction du gouvernement. « Quel signal envoie-t-il en restant silencieux face à ces menaces ? », a-t-elle interrogé, évoquant un climat de harcèlement quotidien sur les réseaux sociaux, incluant des insultes racistes.
Une journaliste sous pression
L’auteure a détaillé les pressions subies pendant son enquête, incluant des intimidations, un vol de matériel professionnel et des filatures. « Jusqu’où iront-ils ? », s’est-elle interrogée, évoquant la crainte d’une escalade violente. Contacté par l’AFP, le sénateur Meignen n’a pas répondu dans l’immédiat.
