La Hongrie à un tournant historique : Orbán défie l'Europe après sa réélection

Date de publication

Media file: 01KP0/S3PBX/0AKQQ/YAPWM/EVY9V/8/01KP0S3PBX0AKQQYAPWMEVY9V8.png

Un scrutin historique en Hongrie

Les Hongrois se sont rendus aux urnes en nombre record dimanche 12 avril, avec une participation atteignant 54,14 % à 13 heures, contre 40,1 % en 2022. Les 7,5 millions d’électeurs du pays, ainsi que les 500 000 inscrits à l’étranger, ont le choix entre cinq partis dans un système électoral favorable au Fidesz de Viktor Orbán. Les bureaux de vote fermeront à 19 heures, sans sondages à la sortie des urnes. Les résultats seront connus progressivement, dès la fin du dépouillement.

Une opposition en pleine ascension

Les instituts indépendants anticipent une large victoire du parti Tisza, mené par Péter Magyar, ancien membre du Fidesz. Ce dernier, après avoir voté à Budapest, a appelé à une mobilisation pour cette « élection décisive ». Il oppose deux visions : « l’Est et l’Ouest, la propagande et un débat honnête, la corruption et l’intégrité ». Son mouvement, construit en deux ans, pourrait éclipser le Premier ministre nationaliste, dont la popularité a chuté avec le ralentissement économique.

Un résultat incertain

Les premières tendances pourraient émerger dimanche soir, mais les résultats définitifs pourraient prendre plusieurs jours, notamment en cas de scrutin serré. Les institutions proches du pouvoir prédisent une victoire de la coalition Fidesz-KDNP, qui vise un cinquième mandat consécutif. L’enjeu dépasse les frontières hongroises, avec une attention particulière en Europe et aux États-Unis. ## Un discours défiant envers l’UE après la victoire électorale

Viktor Orbán, réélu dimanche à la tête de la Hongrie, a réaffirmé sa position face à l’Union européenne, évoquant une « crise majeure » pour le continent. Le Premier ministre hongrois, âgé de 62 ans, a souligné les alliances internationales de son pays, citant les États-Unis, la Chine, la Russie et la Turquie comme partenaires clés. Il a également dénoncé les pressions de Bruxelles, accusant l’UE de menacer « l’avenir et la souveraineté » de la Hongrie.

Un modèle contesté et des tensions avec l’opposition

Considéré comme un symbole de la démocratie illibérale, Orbán est un allié de Vladimir Poutine et un critique des sanctions européennes contre la Russie. L’UE, qui a gelé des milliards d’euros de fonds en raison de ses violations présumées de l’État de droit, reste en conflit avec Budapest. Lors de sa campagne, Orbán a promis de poursuivre sa répression contre les médias critiques, les juges et les ONG, alimentant les craintes de l’opposition.

Accusations croisées et appel au calme

L’opposition hongroise, menée par Péter Magyar, a dénoncé des soupçons d’achat de voix et d’ingérence russe. Orbán a répliqué en accusant ses adversaires de « comploter avec des services étrangers ». Dimanche, il a affirmé que « la volonté du peuple doit toujours être respectée », tandis que Magyar appelait à signaler toute irrégularité tout en prônant le calme.