Ndayishimiye, favori incontesté pour 2027 malgré un bilan contesté

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Un mandat sans surprise pour Ndayishimiye

Le président burundais Evariste Ndayishimiye a été officiellement désigné candidat du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, pour l’élection présidentielle de 2027. Cette décision, actée lors d’un congrès extraordinaire à Gitega, consacre sa position de favori dans un scrutin où l’opposition peine à s’organiser.

Âgé de 57 ans, Ndayishimiye dirige le Burundi depuis juin 2020, succédant à Pierre Nkurunziza, dont le règne autoritaire a duré 15 ans. Son accession au pouvoir avait été marquée par des gestes d’ouverture, comme la libération de journalistes, avant un durcissement progressif du régime.

Un pouvoir contesté malgré les apparences

Le bilan de Ndayishimiye reste contrasté. Si le CNDD-FDD a remporté tous les sièges lors des législatives de 2025, son gouvernement est régulièrement critiqué pour ses atteintes aux droits humains. L’ONU et plusieurs ONG dénoncent une répression accrue des voix dissidentes.

La liberté de la presse, en particulier, est sévèrement restreinte. Reporters sans frontières classe le Burundi au 125e rang mondial, soulignant l’absence de pluralisme médiatique. Le parti au pouvoir, décrit comme un "parti-État", ne tolère aucune opposition.

Un scrutin sous haute surveillance

La date exacte de la présidentielle n’a pas encore été annoncée, mais Ndayishimiye part avec un avantage certain. Son principal opposant en 2020, Agathon Rwasa, avait vu sa candidature invalidée, et le contexte politique actuel laisse peu de place à une réelle alternance.

Dans un pays où l’armée et les généraux conservent une influence majeure, le scrutin de 2027 s’annonce comme une formalité pour le président sortant, malgré les critiques internationales sur la démocratie burundaise. ## Un contexte politique tendu et des accusations d'impunité

En septembre 2025, des experts indépendants de l'ONU ont dénoncé l'« impunité » dont bénéficient les partisans du pouvoir au Burundi, pointant du doigt des atteintes graves et répétées aux droits humains. Cette situation s'inscrit dans un contexte politique marqué par des tensions persistantes, notamment depuis la crise de 2015, déclenchée par la tentative de Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat présidentiel. La répression violente des manifestations avait alors fait au moins 1 200 morts et poussé quelque 400 000 Burundais à l'exil, selon la Cour pénale internationale.

Un président aux racines marquées par la guerre civile

Evariste Ndayishimiye, actuel président du Burundi, a été profondément marqué par la guerre civile (1993-2006), qui a fait au moins 300 000 morts. Étudiant en droit à l'université du Burundi, il a survécu au massacre de 1995, perpétré par des extrémistes tutsi contre des étudiants hutu. Cet épisode l'a convaincu de rejoindre les rangs du CNDD-FDD, dont il est devenu l'un des principaux négociateurs lors des accords de cessez-le-feu en 2003. Par la suite, il a occupé plusieurs postes clés, dont celui de ministre de l'Intérieur, se forgeant une réputation d'homme de consensus.

Un pays en crise, enclavé et parmi les plus pauvres du monde

Le Burundi, ancienne colonie belge indépendante depuis 1963, est aujourd'hui le pays le plus pauvre du monde selon un classement de la Banque mondiale en 2024. Enclavé dans la région des Grands Lacs, ce pays d'environ 15 millions d'habitants fait face à des défis économiques et politiques majeurs. Actuellement à la présidence tournante de l'Union africaine, Evariste Ndayishimiye entretient des relations tendues avec son homologue rwandais, Paul Kagame, illustrant les divisions persistantes dans une région déjà fragilisée.

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