Un accès inégal à l’éducation à la sexualité
Une étude de Santé publique France révèle que moins de la moitié des jeunes Français âgés de 18 à 29 ans ont suivi plusieurs séances d’éducation à la sexualité pendant leur scolarité, malgré l’obligation légale en vigueur depuis 2001. Seuls 51 % des moins de 24 ans déclarent avoir bénéficié de plusieurs interventions, contre 39 % des 25-29 ans, soulignant une application progressive de la loi.
Le collège, principal lieu de sensibilisation

Près de 90 % des répondants ont participé à au moins une séance, principalement au collège (80 %), suivi du lycée (44 %) et de l’école primaire (13 %). Cette concentration des interventions à l’adolescence pourrait créer des inégalités d’accès à l’information, selon l’étude, qui s’appuie sur les données de l’enquête « Contexte des sexualités en France » menée en 2023 auprès de 2 086 personnes.
Des disparités liées au parcours scolaire
Le décrochage scolaire au collège aggrave les risques de ne pas être concerné par ces séances, selon les auteurs. Cette lacune pourrait expliquer en partie les inégalités d’accès à une éducation sexuelle complète, alors que la loi prévoit trois interventions par niveau scolaire. ## Un impact mesuré mais réel sur les comportements sexuels
L’éducation à la vie affective et sexuelle (Evars) influence significativement les jeunes, notamment sur la question du consentement. Selon une étude récente, 74 % des moins de 20 ans déclarent avoir abordé ce sujet lors de séances, contre seulement 51 % pour les plus de 24 ans. Les thématiques relationnelles gagnent en importance, même si les risques (contraception, IST, avortement) restent centraux.
Des effets variables selon les profils
L’étude souligne un lien entre la participation à ces séances et le moment du premier rapport sexuel chez les femmes. 43 % de celles n’ayant pas bénéficié d’Evars auraient souhaité retarder cette première expérience, contre 16 % parmi celles ayant suivi au moins une séance. Cependant, la faible taille de l’échantillon (205 répondants sans séance) limite la portée des comparaisons.
Un outil controversé mais jugé essentiel
Malgré les critiques de certains milieux conservateurs, l’Evars est perçu comme un levier contre les violences sexistes et sexuelles. Le nouveau programme, entré en vigueur en septembre 2025, vise à renforcer son impact, bien que son évaluation reste complexe. Les défenseurs insistent sur son rôle dans l’autonomisation des jeunes.
