Une tribune inattendue dans le JDD
Vincent Bolloré, bien qu’affirmant ne pas occuper de poste officiel chez Hachette, a pris la plume dans le *Journal du dimanche* (JDD) pour défendre sa vision de la crise chez Grasset. Dans un texte publié le 19 avril, le milliardaire breton, qui contrôle le groupe Hachette, revient sur le limogeage d’Olivier Nora, ancien patron de la maison d’édition, et justifie cette décision par des divergences stratégiques.
Un conflit éditorial et économique

Selon Bolloré, le départ d’Olivier Nora résulte d’un désaccord sur la publication du prochain livre de Boualem Sansal. Le dirigeant de Grasset souhaitait le sortir fin 2024, une option rejetée par la direction de Hachette. « En entreprise comme en démocratie, la majorité décide in fine », souligne-t-il. Le milliardaire évoque également des « performances économiques très décevantes » de Grasset, tout en critiquant le salaire d’Olivier Nora.
Une attaque frontale contre les élites médiatiques
Bolloré dénonce un « bruit médiatique extraordinaire » orchestré par « une petite caste qui se croit au-dessus de tout ». Il accuse cette élite de s’autopromouvoir et de faire pression par son influence médiatique. Ce texte, publié dans un journal qu’il contrôle, marque une nouvelle étape dans la guerre des mots entre le patron de Vivendi et les figures historiques de l’édition. ## Une crise éditoriale sans précédent
Plus de 170 auteurs ont annoncé leur décision de boycotter les éditions Grasset, en réaction au licenciement d’Olivier Nora, directeur général du groupe. Dans une lettre ouverte, ils dénoncent une « atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale » de la maison, imputée au milliardaire Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire de Hachette Livre. Ce mouvement inédit secoue le monde de l’édition, où la défense du pluralisme éditorial devient un enjeu central.
Réactions politiques et appels à la mobilisation
Emmanuel Macron a appelé, vendredi 17 avril, à « défendre le pluralisme éditorial » en France, alors que plusieurs personnalités politiques, notamment à gauche, ont critiqué le limogeage d’Olivier Nora. Parallèlement, plus de 300 auteurs et professionnels du secteur, dont Leïla Slimani, Virginie Despentes et Emmanuel Carrère, ont lancé un appel dans *La Tribune Dimanche* pour l’instauration d’une « clause de conscience » dans l’édition.
Grasset assure la continuité éditoriale
Face à cette crise, Jean-Baptiste Grasset, président de la maison d’édition, a tenté de rassurer : « Les dirigeants de Hachette continueront à publier tous les auteurs qui le souhaitent. » Il a également affirmé que les départs permettraient à de nouveaux talents d’être publiés et reconnus. Cette position contraste avec les craintes exprimées par les auteurs, qui redoutent une influence croissante des actionnaires sur les choix éditoriaux.
