Macron défend la double appartenance comme une richesse pour la France et l'Afrique

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Un plaidoyer pour la double appartenance

Emmanuel Macron a réaffirmé, mardi 12 mai, la légitimité des binationaux à assumer pleinement leur double identité. Dans un entretien accordé au média Brut, en marge du sommet Africa Forward à Nairobi, le président de la République a souligné que cette double appartenance constitue « un trésor » et « une chance ». « Vous êtes totalement françaises et français, et totalement algériens, marocains, nigérians, béninois, kényans, etc. », a-t-il déclaré, s’adressant directement aux diasporas.

Une réponse aux discours extrêmes

Le chef de l’État a profité de cette occasion pour critiquer les positions de l’extrême droite, qui exige des étrangers établis en France une adhésion exclusive à la nationalité française. Il a également rejeté les discours communautaristes, estimant que ces deux extrêmes menacent l’équilibre républicain. « Mon combat, c’est contre ceux qui veulent vous faire choisir entre deux identités », a-t-il insisté, rappelant son engagement en faveur d’une société inclusive.

Une vision inclusive pour les diasporas

Pour Macron, la double appartenance n’est pas un obstacle, mais une richesse. Il a encouragé les binationaux à cultiver pleinement leurs deux cultures, sans renoncer à l’une ou à l’autre. « Personne ne vous l’enlèvera », a-t-il affirmé, soulignant que cette diversité est un atout pour la France et pour les pays d’origine des diasporas. Cette prise de position intervient dans un contexte où les débats sur l’identité nationale et l’intégration restent sensibles. ## Un plaidoyer pour l’intégration et les relations franco-africaines

Emmanuel Macron a réaffirmé sa vision d’une France ouverte, rejetant les discours qui opposent les identités. Le président a critiqué à la fois l’extrême droite, qu’il accuse de demander aux étrangers d’effacer leur héritage, et une partie de l’extrême gauche, qu’il juge promotrice du communautarisme. Il a souligné que la République ne doit pas « renvoyer les identités l’une contre l’autre », un message clé alors que les questions migratoires et d’intégration devraient dominer la campagne présidentielle de 2027.

Des liens franco-africains « profonds et constants »

Le chef de l’État a défendu sa politique africaine, assurant avoir maintenu un « cap constant » depuis 2017. Malgré les tensions récentes, notamment au Sahel, il a insisté sur l’attachement de la France aux peuples concernés. « C’est une transition, mais les peuples concernés, on est profondément attachés, on les aime », a-t-il déclaré, appelant les dirigeants maliens, burkinabés et nigériens à « se rouvrir » vers l’avenir.

L’Afrique, « terre d’opportunités extraordinaires »

Macron a salué le rôle des binationaux, qu’il estime à plus de 15 millions, comme « démultiplicateur d’opportunités ». Il a présenté l’Afrique comme un continent porteur de potentiels, soulignant que les entreprises et l’État français ont tout à gagner à s’y engager. « Honnêtement, ça me fend le cœur quand je vois tout ce qu’on pourrait faire de mieux pour et avec les Maliens, les Maliennes ou les Burkinabés ou les Nigériens », a-t-il conclu.