Un rappel d'ambassadeur pour consultations
L'Équateur a décidé, mercredi 8 avril, de rappeler son ambassadeur en Colombie, Arturo Félix, pour consultations. Cette mesure fait suite aux déclarations du président colombien Gustavo Petro, qui a qualifié l'ancien vice-président équatorien Jorge Glas de « prisonnier politique ». Glas purge actuellement une peine de prison pour corruption.
La ministre équatorienne des Affaires étrangères, Gabriela Sommerfeld, a confirmé que l'ambassadeur serait de retour à Quito mercredi ou jeudi 9 avril. Elle a dénoncé les propos de Petro comme une violation du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures.
Une crise diplomatique en escalade

Les tensions entre les deux pays se sont intensifiées ces derniers mois. En février, l'Équateur et la Colombie se sont imposé mutuellement des droits de douane de 30 %. Quito avait alors accusé Bogota de ne pas lutter efficacement contre la criminalité frontalière. La Colombie a également suspendu ses exportations d'électricité vers son voisin.
En mars, la découverte d'une bombe équatorienne non explosée sur le territoire colombien a encore aggravé la situation. Cette bombe avait été larguée lors d'un bombardement antidrogue mené par l'Équateur, avec le soutien des États-Unis, pour contrer le trafic de cocaïne en provenance de Colombie et du Pérou.
Des accusations croisées
Le ministère équatorien des Affaires étrangères a qualifié les déclarations de Petro de « fausses » et affirmé qu'elles contribuent à détériorer les relations diplomatiques. Pour sa part, le président colombien a maintenu sa position, affirmant que Glas, auquel il a accordé la nationalité colombienne, est un prisonnier politique. Il a renouvelé sa demande de libération lundi sur le réseau social X.
Cette crise intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par des différends économiques et sécuritaires entre les deux pays voisins. ## Un ancien vice-président équatorien en prison pour corruption
**Ricardo Patiño**, ancien vice-président de l’Équateur sous Rafael Correa, purge une peine de treize ans de prison pour corruption, détournement de fonds publics et association illicite. Incarcéré depuis novembre dans un établissement de haute sécurité, il est devenu un symbole pour certains, mais reste un condamné pour la justice équatorienne.
Tensions diplomatiques entre l’Équateur et la Colombie
Le président colombien **Gustavo Petro** a qualifié Patiño de « prisonnier politique », suscitant une vive réaction de son homologue équatorien, **Daniel Noboa**. Ce dernier a dénoncé une « atteinte à la souveraineté » et une « violation du principe de non-ingérence », sans citer directement Petro. La Colombie, où Patiño possède la nationalité, est un allié clé de Correa, principal opposant à Noboa.
Enjeux politiques avant les élections colombiennes
À quatre mois de la fin de son mandat et dans l’impossibilité de se représenter, Petro tente de consolider l’influence de la gauche en Colombie, favorite pour les élections du 31 mai. Son soutien à Patiño s’inscrit dans une stratégie plus large, alors que l’Équateur traverse une crise politique marquée par des accusations de corruption et des divisions profondes.
