Une visite symbolique au Togo
Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a effectué une visite officielle au Togo, marquant la première du genre depuis une décennie. Cette étape s’inscrit dans une stratégie française visant à renforcer les liens avec un allié historique en Afrique de l’Ouest, alors que Paris subit des revers diplomatiques dans la région.
Lors de son déplacement, Barrot a minimisé l’influence russe sur le continent, affirmant que la contribution de la France et de l’Union européenne restait « sans comparaison ». Il a souligné les partenariats économiques, éducatifs et politiques entre Paris et Lomé, tout en évoquant les contacts réguliers entre Emmanuel Macron et Faure Gnassingbé.
Sécurité et coopération régionale

La lutte contre le terrorisme au Sahel a été au cœur des discussions entre les deux diplomates. Barrot a insisté sur la nécessité d’une coopération renforcée face à la dégradation de la situation sécuritaire, un enjeu partagé par les pays de la région. Cette visite intervient alors que le Togo, ancien territoire français, se rapproche progressivement de Moscou.
Un message de stabilité et de dialogue
Le ministre français a plaidé pour un « avenir commun » entre la France et l’Afrique, mettant en avant les échanges commerciaux, les investissements et le soutien à l’Union africaine. Cette approche vise à contrer l’influence grandissante de la Russie, tout en réaffirmant l’engagement de Paris dans une relation équilibrée et mutuellement bénéfique. ## Un contexte sécuritaire tendu au Sahel
Les violences djihadistes, menées par des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, continuent de déstabiliser le Sahel depuis plus de dix ans. Cette insécurité s’étend désormais vers le nord des pays côtiers, comme le Togo, quelques années après le retrait des forces françaises de la région. Ce retrait avait été exigé par les régimes militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger, marquant un tournant dans la lutte antidjihadiste.
Des relations franco-togolaises sous tension
Les relations entre Paris et Lomé se sont refroidies en juin 2025, lorsque le Togo a suspendu pour trois mois la diffusion de France 24 et de Radio France Internationale, accusant ces médias de relayer des « propos inexacts et tendancieux » sur des manifestations à Lomé. Cette suspension reste en vigueur, malgré les appels du ministre français Jean-Noël Barrot à sa levée rapide. Lors de sa visite au Togo, ce dernier a salué le rôle de médiateur du pays dans plusieurs crises régionales, notamment la rupture entre les juntes sahéliennes de l’Alliance des États du Sahel (AES) et le reste de la région, ainsi que les conflits en République démocratique du Congo (RDC).
Diplomatie et mémoire historique
La France organisera en mai un sommet sur le continent africain, « Africa Forward », à Nairobi. Parallèlement, Moscou a invité le président togolais Faure Gnassingbé à son sommet Russie-Afrique prévu en octobre. Jean-Noël Barrot a également justifié l’abstention de la France lors du vote d’une résolution de l’ONU en mars, qualifiant la traite des esclaves africains de « crime plus grave contre l’humanité ». La France refuse de hiérarchiser les crimes contre l’humanité, tout en soulignant l’importance d’un travail de mémoire commun. La résolution, portée par le Ghana, avait été adoptée par 123 voix pour, trois contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions, dont celles des pays de l’UE.
