Une opération militaire américaine pour libérer les navires bloqués dans le détroit d’Ormuz
À partir de lundi, la marine américaine escortera des navires neutres à travers le détroit d’Ormuz, une zone stratégique du Golfe Persique. Cette opération, baptisée « Project Freedom », vise à libérer des bateaux bloqués depuis deux mois en raison des tensions entre l’Iran et les États-Unis. Le président Donald Trump a justifié cette initiative comme un « geste humanitaire » et un acte de « bonne volonté » envers les marins pris au piège.
L’opération mobilisera des destroyers lance-missiles, plus d’une centaine d’aéronefs et 15 000 soldats, selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom). Trump a toutefois prévenu que toute obstruction iranienne pourrait être « traitée par la force ».
L’Iran dénonce une violation du cessez-le-feu

Téhéran a immédiatement réagi, qualifiant cette intervention d’illégale. « Toute intervention américaine dans le nouveau régime maritime du détroit d’Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu », a déclaré Ebrahim Azizi, président de la commission parlementaire iranienne sur la sécurité nationale. L’Iran maintient que le détroit relève de sa souveraineté et refuse toute ingérence étrangère.
Deux incidents maritimes suspectés dans la région
Lundi matin, l’agence britannique de sécurité maritime (UKMTO) a signalé qu’un pétrolier avait été touché par des « projectiles non identifiés » près des Émirats arabes unis. Un second incident similaire a été enregistré dimanche soir près de Sirik, en Iran. Les autorités iraniennes ont nié toute responsabilité, affirmant qu’un navire avait simplement été arrêté pour un contrôle de routine. Ces événements ajoutent une tension supplémentaire dans une région déjà en crise. ## Tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz
Depuis le début des hostilités, l’Iran a imposé un contrôle strict sur le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. En réponse, Washington a bloqué les ports iraniens début avril, exacerbant les tensions dans la région. Les cours du pétrole ont atteint leur plus haut niveau depuis 2022, avant de se replier légèrement lundi, avec un baril de Brent à environ 107 dollars.
Selon AXSMarine, spécialiste du suivi maritime, 913 navires commerciaux, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de navires gaziers, étaient présents dans le Golfe le 29 avril. Environ 20 000 marins seraient affectés par cette crise, subissant des pénuries de nourriture et de fournitures essentielles, comme l’a souligné un haut responsable de l’UKMTO.
Menaces et sanctions entre Téhéran et Washington
L’administration américaine a mis en garde les navires contre le paiement de droits de passage à l’Iran, les menaçant de sanctions. Depuis le début du conflit, qui a déjà fait des milliers de morts, notamment en Iran et au Liban, Téhéran a instauré des péages pour franchir le détroit. Dimanche, un conseiller militaire du guide suprême, Mojtaba Khamenei, a menacé de couler des navires de guerre américains et d’envoyer leurs forces « au cimetière ».
Les efforts de médiation ont échoué malgré une première rencontre directe entre les deux pays au Pakistan le 11 avril. Téhéran a soumis une nouvelle proposition à Washington, incluant le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée des sanctions et la fin des hostilités au Liban. Le dossier nucléaire, pourtant central pour les États-Unis et Israël, ne figure pas dans ce plan.
Escalade au Liban et impasse diplomatique
Israël a intensifié ses frappes au Liban, faisant un mort et huit blessés dimanche, dont quatre secouristes. Les tensions restent vives, malgré un cessez-le-feu fragile en vigueur depuis le 8 avril. Les points de discorde entre l’Iran et les États-Unis, notamment sur le détroit d’Ormuz et le programme nucléaire, rendent toute relance des négociations extrêmement difficile.
