Un réquisitoire sévère contre Patrick Balkany
Le parquet de Nanterre a requis mercredi 8 avril trois ans de prison, dont dix-huit mois ferme, contre l’ancien maire LR de Levallois-Perret, Patrick Balkany. Ce dernier est jugé pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts. La procureure a également demandé une amende de 350 000 euros, dix ans d’inéligibilité, une interdiction d’exercer dans la fonction publique pendant cinq ans et l’affichage de la décision pendant un mois.
Un système « clanique » dénoncé

Au cœur du procès, les liens entre Patrick Balkany et son ex-directeur du développement économique, Renaud Guillot-Corail, mort en 2020. La magistrate a décrit un système organisé pour contourner les règles de la fonction publique territoriale, via une association subventionnée par la ville, le Codeeil. Selon l’accusation, cette structure servait à assurer un complément de revenus à Guillot-Corail après sa retraite en 2012.
Une influence jugée « difficile à contrer »
La procureure a souligné l’autorité et le charisme de l’ancien maire, qui a dirigé Levallois-Perret pendant plus de trente ans. Elle a évoqué une « omerta » parmi les fonctionnaires locaux et les obstacles rencontrés par les enquêteurs. Malgré la sévérité des réquisitions, la magistrate a tenu compte de l’âge et de la santé de Balkany, âgé de 77 ans. ## Un système de détournement de fonds publics mis au jour
L’enquête révèle que l’ancien maire, M. Guillot-Corail, a bénéficié d’un montage financier via le Codeeil, lui permettant de cumuler sa pension de retraite avec un salaire mensuel net de plusieurs milliers d’euros. Cette structure, financée à hauteur de 855 000 euros par des subventions municipales, a également couvert des voyages en première classe vers des destinations comme Cuba, Miami ou Saint-Domingue, officiellement justifiés par des missions de relations internationales.
Aucune production intellectuelle identifiée
Malgré ces dépenses, l’enquête n’a pas permis de mettre en évidence de « production intellectuelle » tangible de la part de l’ancien élu. La représentante du parquet a souligné que M. Guillot-Corail « a en réalité remercié son collaborateur », dénonçant un « système » organisé pour détourner des fonds publics. La procureure Nathalie Foy a écarté l’argument de la prescription, estimant que l’infraction s’est poursuivie sans interruption jusqu’en 2018.
Une répression ferme demandée
Lors de son réquisitoire, la procureure a exigé une « répression ferme et rigoureuse » à l’encontre de l’ancien maire, jugé pour prise illégale d’intérêts et détournement de fonds publics. « L’argent public, c’est sacré », a-t-elle rappelé, tout en tenant compte de l’âge du prévenu, âgé de 77 ans.
