Ousmane Sonko prêt à reprendre le pouvoir après la démission stratégique de Ndiaye

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Une démission stratégique pour faciliter l’ascension d’Ousmane Sonko

El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale sénégalaise, a annoncé sa démission dimanche 24 mai, ouvrant la voie à l’élection d’Ousmane Sonko à ce poste clé. Proche collaborateur de l’ancien Premier ministre, Ndiaye a justifié sa décision par des "raisons personnelles" liées à sa conception des institutions, sans fournir de détails supplémentaires.

Cette démission intervient après la large victoire du parti Pastef aux législatives de novembre 2024, où il avait remporté 130 sièges sur 165. Les députés sont convoqués mardi 27 mai pour voter la réintégration de Sonko et élire son successeur à la présidence de l’Assemblée.

Un limogeage qui rebat les cartes politiques

Vendredi 22 mai, le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions de Sonko, son ancien Premier ministre et mentor politique. Cette rupture intervient après des mois de tensions entre les deux hommes, malgré leur arrivée au pouvoir en avril 2024 sur la base d’un large soutien populaire.

Faye doit son élection à la présidence à Sonko, qui avait été empêché de se présenter en raison d’une condamnation pour diffamation. Le leader du Pastef avait alors désigné son bras droit pour le remplacer, marquant le début d’une alliance désormais fracturée.

Un retour en force pour le leader du Pastef

La démission de Ndiaye et la convocation des députés pour mardi laissent peu de doute sur la prochaine élection de Sonko à la présidence de l’Assemblée. Cette nomination renforcerait sa position dans l’arène politique, malgré son limogeage récent.

Son discours panafricaniste et son influence au sein du Parlement pourraient lui permettre de consolider son leadership, alors que les tensions avec le président Faye s’intensifient. La séance plénière de mardi s’annonce comme un moment clé pour l’avenir politique du Sénégal. ## Un limogeage qui cristallise les tensions politiques

La rupture entre le président Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, consacre la fin d’une alliance qui avait marqué la jeunesse sénégalaise. Après des mois de tensions latentes, le limogeage de Sonko, annoncé vendredi soir, met fin à une collaboration tumultueuse. Leur campagne commune, symbolisée par le slogan « Diomaye Moy Sonko » (« Diomaye c’est Sonko » en wolof), avait suscité un enthousiasme sans précédent, notamment après la libération de Sonko en mars 2024, grâce à une loi d’amnistie.

Des divergences publiques et une escalade des critiques

Les premières fissures sont apparues en juillet 2025, lorsque Sonko, connu pour son tempérament vif, avait accusé le président Faye d’un « problème d’autorité ». Début mai, ce dernier avait répliqué en dénonçant une « personnalisation excessive » de son Premier ministre au sein du parti au pouvoir. « Tant qu’il reste Premier ministre, c’est parce qu’il bénéficie de ma confiance », avait-il déclaré dans une interview télévisée. Quelques heures avant son éviction, Sonko avait de nouveau critiqué Faye, cette fois sur la gestion des fonds politiques et la lenteur des poursuites contre d’anciens responsables de l’ère Macky Sall, qu’il accuse de corruption.

Un défi pour le président dans un contexte économique tendu

Le départ de Sonko laisse Diomaye Faye face à un double défi : nommer un nouveau Premier ministre, qui devra être approuvé par les députés sous trois mois, et relancer un gouvernement fragilisé. La dissolution de l’Assemblée nationale, impossible avant novembre, limite ses marges de manœuvre. Par ailleurs, la mobilisation de centaines de militants devant le domicile de Sonko vendredi soir illustre la popularité intacte du leader du Pastef, compliquant encore la tâche du président dans un pays en proie à de graves difficultés économiques.