Délais d'accès aux soins : des disparités persistantes
Les délais médians pour obtenir un rendez-vous médical en France sont restés stables entre 2023 et 2025, selon une étude conjointe de Doctolib et de la Fondation Jean-Jaurès. Analysant 234 millions de rendez-vous auprès de 80 000 professionnels de santé, l'enquête révèle des écarts significatifs selon les spécialités et les territoires.
Pour les généralistes, les indicateurs globaux restent inchangés, mais la part des rendez-vous à plus de sept jours a augmenté de 3 points (35 %). Les pédiatres, cardiologues et psychiatres enregistrent une dégradation, avec des délais médians passant respectivement à 8, 42 et 15 jours. À l'inverse, les dermatologues et gynécologues voient leurs délais diminuer (-3 et -2 jours), bien que ces spécialités restent très sollicitées.
Inégalités territoriales accentuées

L'étude souligne des disparités géographiques marquées. Entre 2023 et 2025, 47 % des départements ont vu les délais pour les généralistes s'allonger, tandis que seulement 4 % ont connu une amélioration. Ces écarts s'expliquent par des déséquilibres structurels, notamment dans les zones sous-dotées en professionnels de santé.
Les dermatologues et gynécologues, bien que moins attendus qu'en 2023, maintiennent des délais élevés (32 et 19 jours), avec des variations importantes selon les régions. Ces résultats confirment la nécessité de renforcer l'accès aux soins dans les territoires les plus fragiles. ## Délais d'attente : des disparités persistantes selon les spécialités
Les sages-femmes, capables de remplacer les gynécologues pour les suivis courants, affichent un délai médian de douze jours, soit un jour de plus qu'en 2023. Malgré une hausse démographique dans la profession, cette légère augmentation s'explique par une demande accrue.
Les kinésithérapeutes maintiennent un délai stable à six jours, avec une diminution des rendez-vous dépassant sept jours. Les chirurgiens-dentistes voient leur délai passer à dix jours (-1 jour), tandis que les ophtalmologues enregistrent une baisse record de quatre jours (21 jours), grâce au renforcement des équipes par des orthoptistes, opticiens et assistants médicaux.
Inégalités territoriales marquées
L'étude révèle des "écarts départementaux considérables", notamment en cardiologie : seize jours d'attente à Paris contre 164 jours dans le Gers. Ces disparités s'expliquent par des dynamiques locales complexes, chaque spécialité ayant sa propre géographie de l'accès aux soins.
Des tensions géographiques spécifiques
La cardiologie est particulièrement sous tension dans l'arc Occitanie-vallée du Rhône, l'ophtalmologie et la pédiatrie dans le Grand Ouest, et la dermatologie dans le Nord et le Centre-Est. Ces différences soulignent l'absence de territoires cumulant systématiquement toutes les difficultés d'accès aux soins.
