Cyberproxénétisme sur TikTok : l'urgence d'une régulation face à l'exploitation des mineures

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Une saisine pour lutter contre le cyberproxénétisme sur TikTok

La haute-commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, a officiellement saisi l’Arcom et la Commission européenne après la révélation d’une enquête de Franceinfo. Cette dernière a mis en lumière des tentatives de recrutement de jeunes femmes, parfois mineures, via des offres explicites sur la plateforme TikTok.

Des méthodes de recrutement ciblées et explicites

L’enquête, diffusée le 9 avril, a identifié plus de 350 offres de recrutement facilement accessibles. Les auteurs de ces vidéos utilisent un langage sans ambiguïté, évoquant des termes comme « tapins » et se présentant ouvertement comme des proxénètes. Les annonces ciblent directement des adolescentes, exploitant leur vulnérabilité et leur isolement.

Une réponse institutionnelle pour renforcer la protection des mineurs

Sarah El Haïry a dénoncé ces pratiques dans un courrier adressé à la vice-présidente de la Commission européenne, Henna Virkkunen. Elle exige des mesures renforcées pour lutter contre le cyberproxénétisme, un phénomène absent des lois françaises de 2016 sur la prostitution. ## Une enquête préliminaire de la Commission européenne sur TikTok

La Commission européenne a annoncé, le 6 février 2026, une enquête préliminaire visant TikTok pour d'éventuelles violations du règlement sur les services numériques (DSA). Les autorités européennes s'inquiètent notamment de la conception addictive de la plateforme, susceptible d'exposer les utilisateurs à des risques systémiques. La Commission envisage également d'examiner un possible manquement à l'article 34 du DSA, relatif à l'évaluation des risques liés à la diffusion de contenus illicites.

La réponse de TikTok et les enjeux du proxénétisme en ligne

Interrogé par Franceinfo, TikTok a nié toute implication dans la promotion d'activités ou services sexuels sur sa plateforme. Pourtant, les autorités françaises multiplient les efforts pour lutter contre le proxénétisme en ligne et l'exploitation sexuelle des mineures, deux phénomènes en forte croissance. La loi de 2016 sur la prostitution, jugée insuffisante, ne couvre pas ces nouvelles formes de criminalité.

Un appel à la responsabilité des plateformes

Dans un communiqué publié le 6 février, les ministres Aurore Bergé (égalité femmes-hommes) et Stéphanie Rist (santé) ont rappelé que les plateformes numériques ne doivent pas devenir des espaces d'impunité pour les réseaux criminels. Selon les dernières estimations, près de 40 000 personnes seraient en situation de prostitution en France, un chiffre qui souligne l'urgence d'une régulation renforcée.

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