Une croissance exponentielle des effectifs étudiants
En 2024, le nombre d’étudiants dans le monde a atteint 269 millions, contre 100 millions en 2000, selon une étude de l’Unesco publiée mardi 12 mai. Cette progression, quasi-triplement en 25 ans, reflète une transformation majeure de l’enseignement supérieur, marquée par des disparités géographiques et des enjeux structurels.
Des écarts persistants entre les régions

Les taux de scolarisation dans l’enseignement supérieur varient fortement selon les continents. En Europe occidentale et en Amérique du Nord, près de 80 % des jeunes de 18 à 24 ans sont inscrits, contre seulement 9 % en Afrique subsaharienne, bien en dessous de la moyenne mondiale de 43 %. Ces écarts soulignent des défis d’accès à l’éducation et de financement des systèmes universitaires.
La féminisation de l’enseignement supérieur et la mobilité étudiante
Les femmes représentent désormais 114 inscriptions pour 100 hommes dans l’enseignement supérieur, mais leur présence reste minoritaire en doctorat et dans les postes de direction. Par ailleurs, la mobilité internationale des étudiants a triplé depuis 2003, atteignant 7,3 millions en 2023, avec une projection à 9 millions d’ici 2030. Malgré cette hausse, elle concerne moins de 3 % des effectifs mondiaux. ## Une concentration persistante des étudiants internationaux
En 2023, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, l’Allemagne, le Canada, la Russie et la France concentraient à eux seuls la moitié des étudiants partis étudier à l’étranger. Cette répartition, stable depuis deux décennies, reflète une attractivité durable de ces destinations, malgré une diversification progressive des choix d’études à l’international.
Des progrès inégaux pour les réfugiés
Le taux d’inscription des réfugiés dans l’enseignement supérieur a progressé, passant de 1 % en 2019 à 9 % en 2025. Cependant, leur accès reste limité par des obstacles juridiques, linguistiques et socio-économiques, selon les données de l’ONU. Ces inégalités persistent malgré les efforts déployés pour faciliter leur intégration académique.
Une pression financière croissante sur les universités
La hausse des effectifs étudiants exerce une pression accrue sur les systèmes d’enseignement supérieur, dans un contexte de contraintes budgétaires. En 2022, les dépenses publiques mondiales représentaient en moyenne 0,8 % du PIB, avec des écarts marqués : 1,11 % en Europe occidentale et en Amérique du Nord, contre seulement 0,44 % en Asie centrale. Cette insuffisance de financements aggrave la crise d’accessibilité, amplifiée par la hausse des frais d’inscription et de l’endettement étudiant.
