Pérou en crise : démission des ministres et tensions autour d'un contrat d'armement américain

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Une crise politique au Pérou après la démission de deux ministres

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense ont quitté leurs fonctions mercredi 22 avril, en désaccord avec le président par intérim José Maria Balcazar sur l’achat de 21 avions de combat F-16 aux États-Unis. Ce contrat, déjà signé, prévoyait un premier versement de 462 millions de dollars à Lockheed Martin, malgré l’annonce de Balcazar de reporter l’acquisition.

Un désaccord sur la crédibilité du Pérou

Le ministre des Affaires étrangères, Hugo de Zela, a dénoncé une décision « mettant en danger la crédibilité du pays », tandis que le ministre de la Défense, Carlos Diaz, a souligné l’importance stratégique de cet achat. Le ministère de l’Économie a rappelé que le Pérou s’exposerait à des sanctions financières et à une perte de confiance internationale en renonçant à l’accord.

Balcazar invoque des priorités sociales

Le président par intérim a justifié sa position par la nécessité d’une « utilisation appropriée des fonds publics », privilégiant des dépenses sociales. L’élection présidentielle de juin et l’investiture du successeur en juillet pourraient encore alimenter les tensions autour de ce dossier. ## Un contrat d'armement controversé entre le Pérou et les États-Unis

L'ambassade américaine à Lima a confirmé, via un communiqué, qu'une "signature technique" avait été finalisée lundi, avec l'aval des plus hautes instances du gouvernement péruvien. L'ambassadeur Bernardo Navarro a précisé que ce contrat portait sur l'acquisition de 12 avions de combat F-16, avec des livraisons prévues à partir de 2029. Il a souligné, lors d'une interview à la radio Exitosa, que ce processus était "au-delà de tout président", évoquant ainsi une décision pérenne.

Tensions politiques autour de l'accord

La semaine dernière, l'ambassadeur Navarro avait menacé d'utiliser "tous les outils disponibles" en cas d'"atteinte aux intérêts américains", le jour même où la signature devait initialement avoir lieu. Le président intérimaire du Parlement, Fernando Rospigliosi, a appelé à respecter le contrat, estimant qu'il fallait "honorer ce qui a été signé". À l'inverse, le député ultraconservateur Jorge Montoya a évoqué la possibilité d'une destitution du président par intérim, Dina Boluarte, bien que cette dernière ait assuré qu'il n'y avait "jamais eu d'intention de confrontation avec les États-Unis".

Contexte d'instabilité politique au Pérou

Ces tensions interviennent alors que le Pérou se prépare pour un second tour de la présidentielle le 7 juin, dans un contexte de crise politique chronique. Dina Boluarte, dont le mandat s'achève le 28 juillet, est le huitième chef de l'État en dix ans. Le pays avait annoncé en octobre 2024 le renouvellement de ses forces aériennes, avec l'achat de 24 avions de combat pour 3,5 milliards de dollars. Parmi les offres retenues figuraient les Rafale français et les Gripen suédois, avant que le comité d'évaluation ne choisisse finalement les F-16 américains. Le Pérou dispose actuellement de 12 Mirage 2000, selon des sources militaires spécialisées.

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