Afghanistan-Pakistan : 372 civils tués en trois mois, l'ONU alerte sur une escalade meurtrière

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Un bilan meurtrier en trois mois

Entre janvier et mars 2026, 372 civils afghans ont été tués et 397 blessés dans le conflit avec le Pakistan, selon un rapport de la mission de l’ONU en Afghanistan (Unama). Ce bilan, établi à partir de sources indépendantes, dépasse largement les chiffres enregistrés depuis 2011. La majorité des victimes sont imputables à un bombardement pakistanais sur l’hôpital Omid de Kaboul, qui soignait des patients toxicomanes, le 16 mars.

Des tensions persistantes entre les deux pays

Les relations entre l’Afghanistan et le Pakistan restent extrêmement tendues, notamment en raison d’un différend frontalier non résolu. Depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021, Islamabad accuse Kaboul d’abriter des groupes armés responsables d’attaques sur son territoire. Le Pakistan a intensifié ses frappes aériennes, y compris sur la capitale afghane, depuis la fin février, marquant une escalade du conflit.

Un chiffre sous-estimé selon l’ONU

L’Unama souligne que le bilan réel pourrait être bien plus élevé, en raison des difficultés à identifier les corps. Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a quant à lui affirmé que 130 civils et membres des forces de sécurité avaient été tués au Pakistan depuis janvier. Les affrontements récents ont marqué une rupture dans la nature des échanges, passant de confrontations sporadiques à une guerre ouverte. ## Un bilan humain lourd et contesté

La proportion élevée d’hommes parmi les victimes s’explique par les frappes pakistanaises du 16 mars sur un hôpital de Kaboul, qui ne soignait que des patients masculins. Le Pakistan conteste avoir ciblé des infrastructures médicales, affirmant que ses opérations visaient uniquement des objectifs terroristes et militaires. L’Unama (Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan) a cependant constaté les dégâts sur place, confirmant l’impact des frappes aériennes.

Le gouvernement taliban avait évoqué plus de 400 morts, mais l’Unama a pu vérifier de manière indépendante au moins 269 décès civils et 122 blessés. Le bilan réel pourrait être bien plus élevé, certains corps étant méconnaissables en raison de brûlures ou réduits en morceaux.

Des violations du droit humanitaire dénoncées

La mission de l’ONU recommande aux autorités afghanes d’établir un registre des disparus pour répondre aux familles. Elle appelle également les belligérants à éviter de frapper des établissements de santé et des zones civiles, ainsi qu’à enquêter sur les accusations de violations du droit international humanitaire.

Le rapport de l’Unama détaille notamment la mort d’une employée d’une ONG afghane le 19 mars, alors qu’un cessez-le-feu avait été déclaré pour la fin du ramadan. Selon l’ONU, les forces pakistanaises ont ouvert le feu sur son véhicule, tuant la femme et son fils de 3 ans après qu’ils eurent tenté de fuir à pied.

Une escalade contenue, mais des incidents persistants

Depuis des pourparlers en Chine début avril, les deux pays se sont engagés à éviter une escalade. Si les incidents ont diminué, ils n’ont pas totalement cessé. Le 27 avril, des frappes pakistanaises ont encore fait des victimes civiles, touchant notamment une université à Asadabad, près de la frontière.