Un octogénaire condamné pour des propos minimisant la Shoah

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Un octogénaire condamné pour des propos minimisant la Shoah

Jacques Boncompain, 85 ans, a été condamné mercredi à une amende de 5 000 euros pour avoir affirmé que le maréchal Pétain avait "sauvé" des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces déclarations, tenues lors d'une messe en hommage au chef du régime de Vichy en novembre dernier, ont été jugées comme une "contestation publique de crime contre l'humanité" par le tribunal.

Des propos jugés "outranciers" par la justice

L'octogénaire, président de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain, avait déclaré devant des journalistes que Pétain avait "sauvé, devant témoins, au moins 700 000 Juifs". Une affirmation qualifiée de "minoration outrancière du nombre de victimes de la Shoah" par le tribunal. La décision, lue en audience publique, inclut une mesure pédagogique : l'affichage intégral du jugement dans le tribunal pendant deux mois.

Une condamnation assortie d'une mesure symbolique

En plus de l'amende, la présidente du tribunal a souligné l'importance de cette décision pour prévenir toute récidive. L'affichage du jugement vise à rappeler les limites légales de la contestation des crimes contre l'humanité, dans un contexte où les propos négationnistes ou minimisateurs restent une préoccupation judiciaire. ## Une décision saluée par les associations antiracistes

La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) a salué, via un message publié sur X, la condamnation d’un octogénaire pour contestation de la Shoah. L’organisation y voit une « décision qui rappelle que la contestation et la minoration outrancière de la Shoah ne relèvent pas du débat d’opinion ». De son côté, l’avocat de la partie civile représentant la Ligue des droits de l’homme, Pierre Brunisso, a souligné auprès de l’AFP l’importance de cette condamnation : « L’histoire ne peut pas être falsifiée afin de rendre les idées de l’extrême droite acceptables ».

Une relaxe partielle pour des propos sur Pétain

Le tribunal a en revanche relaxé partiellement l’accusé, Marc Boncompain, pour une autre déclaration faite le même jour à Verdun. Ce dernier avait affirmé que le maréchal Pétain était « le premier résistant de France ». Les juges n’ont pas pu déterminer, à partir des éléments présentés – notamment une vidéo compilant plusieurs de ses propos –, à quel moment cette phrase avait été prononcée, empêchant ainsi de caractériser l’infraction.

L’accusé conteste la décision et réfléchit à un appel

Absent lors de l’énoncé du jugement, Marc Boncompain a déclaré à l’AFP avoir été condamné « sur des avis qui relèvent de la liberté d’expression ». Il n’a pas encore tranché sur un éventuel appel, préférant en discuter avec son avocat.