Une condamnation pénale historique
Une juge fédérale du New Jersey a condamné, mardi 28 avril, le laboratoire américain Purdue Pharma, reconnu comme l’un des principaux responsables de la crise des opioïdes aux États-Unis. Le groupe, ainsi que la famille Sackler, propriétaire historique de l’entreprise, étaient accusés d’avoir promu l’OxyContin en minimisant son potentiel addictif et en distribuant des pots-de-vin à des médecins. Ces pratiques ont généré des milliards de dollars de revenus.
Une amende, mais pas de poursuites individuelles

La décision judiciaire impose une amende à Purdue Pharma, mais ne vise pas directement les employés ou les membres de la famille Sackler. Cette condamnation intervient dans le cadre d’un plan de faillite, qui prévoit le versement de plus de 8 milliards de dollars (environ 6,8 milliards d’euros) pour indemniser les victimes. Le laboratoire doit être dissous au 1er mai, et ses actifs seront repris par une nouvelle entité, Knoa Pharma, chargée de contribuer à la résolution de la crise des opioïdes.
Un tournant dans la lutte contre les opioïdes
Cette condamnation marque un tournant dans la lutte contre la dépendance aux opioïdes, l’une des plus graves crises sanitaires aux États-Unis. Le plan de faillite, approuvé par la justice, vise à redistribuer les fonds versés par Purdue Pharma aux États, aux collectivités locales et aux victimes. Knoa Pharma, la nouvelle société issue de cette restructuration, devra désormais œuvrer pour limiter les dégâts causés par les opioïdes. ## Un tribunal exige des excuses après des témoignages déchirants
La juge Madeline Cox Arleo a ordonné au président de Purdue Pharma, Steve Miller, de présenter des excuses aux victimes et à leurs familles lors d’une audience de plus de six heures. Elle a également demandé au public de se lever pendant qu’elle lisait les noms de plus de 200 victimes, soulignant que leurs histoires "doivent être entendues".
Critique sévère des pratiques de Purdue Pharma
La magistrate a dénoncé les "pratiques motivées par l’avidité" de l’entreprise, comparant sa stratégie à celle d’une "entreprise criminelle". Elle a également présenté des excuses au nom du gouvernement américain, estimant qu’il avait "échoué" à protéger la population face à la crise des opioïdes.
Un accord controversé malgré les promesses d’indemnisation
Bien que certaines victimes aient réclamé des poursuites pénales contre la famille Sackler ou des compensations plus élevées, la juge a jugé que l’accord de faillite était la "meilleure voie possible". Elle a toutefois exhorté les avocats à respecter leurs engagements financiers. Selon les CDC, près de 727 000 décès liés aux opioïdes ont été enregistrés aux États-Unis entre 1999 et 2022.
