Un rappeur condamné pour apologie du terrorisme
Le rappeur Freeze Corleone a été condamné lundi 27 avril à Nice à quinze mois de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende pour apologie du terrorisme. Cette décision fait suite à la publication de la chanson *Haaland*, un duo avec le rappeur allemand Luciano, dans laquelle l’artiste semble s’identifier à l’auteur de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, qui avait fait 86 morts et des centaines de blessés.
Des paroles jugées provocatrices

Dans le morceau, Freeze Corleone évoque des références indirectes à l’attentat, notamment à travers des rimes comme : *« En défense j’suis Kalidou, t’es Lenglet / Burberry comme un grand-père anglais / J’arrive dans l’rap comme un camion qui bombarde à fond sur la… »*. Bien que le nom de la promenade des Anglais ne soit pas mentionné, les allusions ont suscité une vive polémique. Plusieurs élus niçois et l’association Life for Nice avaient exprimé leur indignation dès la sortie du titre.
Une condamnation saluée par les victimes
Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, avait qualifié Freeze Corleone de *« Dieudonné du rap français »* lors de l’audience en février, soulignant *« un fond idéologique nauséabond et une volonté de provocation dans une logique mercantile »*. Il avait requis dix-huit mois de prison avec sursis. Plusieurs victimes de l’attentat, entendues dans le cadre de l’enquête, avaient déposé plainte. La décision judiciaire a été perçue comme un message fort contre les discours ambivalents glorifiant la violence. ## Une condamnation controversée pour Freeze Corleone
Le rappeur Issa Lorenzo Diakhaté, connu sous le nom de Freeze Corleone, a été condamné à une peine de prison avec sursis, une amende et une interdiction de séjour dans les Alpes-Maritimes pendant trois ans. Le tribunal a également ordonné le versement de 2 800 euros de dommages et intérêts à chaque partie civile. L’artiste, absent lors du procès et du délibéré, n’a pas réagi publiquement à cette décision.
Des paroles jugées incriminantes
La condamnation repose sur des paroles controversées extraites de son titre *Haaland*, notamment les vers « J’arrive déterminé comme Adolf dans les années 30 » et « tous les jours RAF [rien à foutre] de la Shoah ». Son avocat, Adrien Chartron, a annoncé faire appel, qualifiant la décision de « discrétionnaire » et dénonçant une condamnation basée sur des mots non prononcés publiquement.
Un passé judiciaire et des conséquences professionnelles
Freeze Corleone avait déjà été visé par une enquête en 2020 pour « provocation à la haine raciale », classée sans suite. Cette affaire avait toutefois entraîné son éviction du label Universal Music, qui avait condamné des « propos racistes inacceptables ». Malgré cela, son influence reste forte, comme en témoignent les 5,2 millions d’écoutes de son album *La Menace fantôme* en 24 heures sur Spotify.
