Frappe meurtrière en Afghanistan : accusations croisées entre Kaboul et Islamabad

Date de publication

Media file: 01KQA/6BN2R/NV2NK/0KH6Z/20CGM/V/01KQA6BN2RNV2NK0KH6Z20CGMV.png

Bilan humain et accusations croisées

Des dizaines de civils ont été tués ou blessés lundi dans des frappes ayant touché l’est de l’Afghanistan, dont une université, selon l’ONU. Le gouvernement afghan a immédiatement pointé du doigt le Pakistan, accusé d’avoir tiré des obus et des roquettes sur la province frontalière de Kunar, notamment sur la ville d’Asadabad. Les autorités afghanes ont fait état de sept morts et 85 blessés, dont des étudiants et des habitants.

Réactions internationales et droit humanitaire

La mission de l’ONU en Afghanistan (Unama) a rappelé que les civils et les infrastructures civiles, comme les établissements d’éducation, doivent être protégés en toutes circonstances, conformément au droit international humanitaire. L’organisation n’a toutefois pas encore fourni de bilan précis des victimes.

Démentis pakistanais et tensions diplomatiques

Le Pakistan a fermement nié toute implication dans ces attaques, qualifiant les accusations afghanes de « mensonges éhontés ». Le ministère pakistanais de l’Information a affirmé n’avoir ciblé ni zones d’habitation ni l’université d’Asadabad. En réponse, le ministère afghan des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade du Pakistan pour exiger des explications, qualifiant ces frappes de « provocation » et appelant à la retenue. ## Des frappes meurtrières frappent Asadabad

Lundi soir, des obus ont endommagé une maison et blessé plusieurs personnes, selon un correspondant de l’AFP. Mardi, des journalistes ont constaté des vitres brisées et des panneaux solaires déformés à l’université d’Asadabad, où des étudiants ont décrit une attaque soudaine. « Le professeur donnait son cours vers 14h30 quand une explosion a retenti. Nous nous sommes tous jetés au sol », a témoigné Irfanullah, 20 ans, étudiant en psychologie. « Les fenêtres ont volé en éclats, et certains ont été blessés », a-t-il ajouté.

Tensions persistantes entre Islamabad et Kaboul

Le Pakistan accuse l’Afghanistan de soutenir le TTP, un groupe taliban pakistanais responsable d’attaques meurtrières. Les autorités afghanes rejettent ces allégations. Les violences ont escaladé depuis le 26 février, avec des bombardements pakistanais sur Kaboul et les zones frontalières. Malgré une trêve temporaire fin mars et des pourparlers en Chine début avril, aucun cessez-le-feu n’a été signé.

Bilan humain lourd dans la province de Kunar

Depuis fin février, les combats ont fait des centaines de victimes civiles et déplacé plus de 100 000 personnes, dont 25 000 dans la province de Kunar, selon l’ONU. La situation humanitaire reste critique dans la région.