Cannes 2024 : Un festival sous le signe de la résistance et de la polémique

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Un discours engagé pour l'ouverture du Festival de Cannes 2024

La 79ᵉ édition du Festival de Cannes a débuté mardi 12 mai avec une cérémonie d’ouverture marquée par un discours politique. L’actrice française Eye Haïdara, maîtresse de cérémonie, a souligné le rôle du cinéma comme « acte de résistance », rappelant son importance dans un monde en crise. Jane Fonda et Gong Li, invitées d’honneur, ont également pris la parole pour célébrer un art universel, capable de transcender les frontières culturelles et linguistiques.

Un jury présidé par Park Chan-wook et 22 films en compétition

Le jury, présidé par le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, devra départager 22 films en lice pour la Palme d’or. La sélection, éclectique, rassemble des réalisateurs de renom comme Pedro Almodóvar, James Gray et Cristian Mungiu. Parmi les stars attendues sur le tapis rouge figurent Penélope Cruz, Adam Driver, Barbra Streisand et Marion Cotillard. La compétition s’achèvera le 23 mai, date de la remise du prix suprême.

Peter Jackson reçoit une Palme d’honneur pour l’ensemble de sa carrière

Pour marquer le coup d’envoi de cette édition, le Festival a rendu hommage à Peter Jackson, réalisateur de la trilogie *Le Seigneur des Anneaux*. L’artiste néo-zélandais, jamais récompensé auparavant à Cannes, a reçu une Palme d’honneur des mains d’Elijah Wood, son interprète emblématique. Une distinction saluée comme un « miracle » par le cinéaste, visiblement ému. ## Une ouverture politique et engagée

L’ouverture du Festival de Cannes, marquée par la présence de l’actrice Eye Haïdara, a pris une tournure résolument politique. Sur scène, accompagnée de la chanson *Sur l’écran noir de tes nuits blanches* de Claude Nougaro, elle a adressé un message aux téléspectateurs, soulignant les défis contemporains : « Enfin, partout où l’internet n’a pas été coupé, partout où l’intelligence artificielle ne s’est pas substituée à la réalité. » Une référence directe aux tensions géopolitiques et technologiques qui agitent le monde.

Cinéma et politique : un débat central

Le président du jury, Park Chan-wook, a réaffirmé l’indissociabilité de l’art et de la politique lors d’une conférence de presse. « Je ne crois pas qu’on devrait séparer l’art de la politique, c’est un concept étrange de vouloir opposer les deux », a-t-il déclaré. Son collègue britannique Paul Laverty, scénariste de Ken Loach, a été plus virulent, dénonçant une époque où « les fous guident les aveugles » et critiquant Hollywood pour son absence cette année. Thierry Frémaux, délégué général du festival, a tenté de nuancer, rappelant que Cannes n’a pas vocation à répondre à toutes les questions sociétales.

L’IA, un sujet qui divise

L’intelligence artificielle a également été au cœur des discussions. Demi Moore, membre du jury, a estimé que « l’IA est là » et qu’il fallait apprendre à coexister avec elle plutôt que de la combattre. Une position pragmatique qui contraste avec les craintes de l’industrie cinématographique face à cette technologie disruptive. La compétition pour la Palme d’or débutera mercredi, avec des films comme *Quelques jours à Nagi* de Koji Fukada et *La vie d’une femme* de Charline Bourgeois-Tacquet.