Un réalisateur engagé s’éteint à 80 ans
Luis Puenzo, figure majeure du cinéma argentin, est décédé mardi 21 avril à Buenos Aires. La Société générale des auteurs d’Argentine a annoncé son décès, saluant un homme aux multiples talents : réalisateur, scénariste et producteur. À 80 ans, il laisse derrière lui une œuvre marquée par l’engagement politique et une contribution décisive à l’industrie cinématographique de son pays.
*L’Histoire officielle*, un film emblématique

Son œuvre la plus célèbre, *L’Histoire officielle* (1985), a marqué l’histoire du cinéma. Ce drame, qui dépeint les horreurs de la dictature militaire argentine (1976-1983) et le combat des Mères de la place de Mai, a remporté l’Oscar du meilleur film étranger en 1986. Le film a également valu à Norma Aleandro le prix d’interprétation féminine à Cannes, consolidant la renommée internationale de Puenzo.
Un héritage cinématographique et politique
Au-delà de sa filmographie, Puenzo a joué un rôle clé dans la promotion du cinéma argentin. Il a été l’un des artisans de la loi sur le cinéma adoptée en 1994, un texte fondateur qui a dynamisé l’industrie. Parmi ses autres réalisations notables figurent *Old Gringo* (1989), avec Jane Fonda, et *La Peste* (1992), adaptation du roman d’Albert Camus. Son œuvre, à la fois artistique et militante, reste un pilier de la culture argentine. ## Un engagement politique et culturel
Luis Puenzo, réalisateur et scénariste argentin, a marqué l’histoire du cinéma de son pays par son talent et son engagement. Au-delà de sa carrière artistique, il a joué un rôle clé dans la promotion de la loi sur le cinéma adoptée en 1994, un texte fondateur qui a redynamisé l’industrie cinématographique argentine. Il a également dirigé l’Institut national du cinéma et des arts audiovisuels (INCAA), renforçant ainsi son influence dans le secteur.
Un discours historique lors des Oscars
Le 24 mars 1986, lors de la remise de l’Oscar du meilleur film étranger pour *La Histoire officielle*, Puenzo a choisi une date symbolique pour son discours. Ce jour coïncidait avec le 10e anniversaire du coup d’État militaire de 1976, une période sombre de l’histoire argentine. Dans un message poignant, il a rappelé les victimes de la dictature, soulignant l’importance de la mémoire collective : « Alors que je me trouve ici, sur cette scène, pour recevoir ce prix, je ne peux m’empêcher de me rappeler qu’un autre 24 mars, il y a dix ans jour pour jour, nous avons subi le dernier coup d’État militaire dans notre pays. Nous n’oublierons jamais ce cauchemar. »
Un héritage à la fois artistique et politique
Puenzo a su allier son talent de cinéaste à un engagement politique fort, utilisant sa notoriété pour défendre la liberté d’expression et la démocratie. Son œuvre, comme *La Histoire officielle*, reste un témoignage puissant des luttes de son pays. Son action institutionnelle et ses prises de position ont contribué à façonner le paysage culturel argentin, faisant de lui une figure incontournable de l’histoire du cinéma.
