L'acier vert reste un mirage face à la domination du charbon

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Une industrie encore trop dépendante du charbon

La production d’acier mondiale reste largement tributaire du charbon, une source d’énergie fossile émettrice de gaz à effet de serre. Selon le dernier rapport de l’ONG Global Energy Monitor, publié lundi 11 mai, les hauts fourneaux traditionnels dominent toujours le secteur, malgré les promesses de transition vers des procédés plus propres.

L’analyse révèle que 319 millions de tonnes par an (mtpa) de capacité de production d’acier à base de charbon sont soit en construction, soit annoncées par l’industrie. Cette tendance, en hausse de 5 % par rapport à 2024, contraste avec les objectifs climatiques. D’ici 2035, la capacité mondiale des hauts fourneaux devrait même augmenter de 88 millions de tonnes par an, selon les projections.

Un impact environnemental majeur

L’industrie sidérurgique est responsable de 11 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’origine humaine, un chiffre alarmant qui souligne l’urgence d’une transformation du secteur. Les hauts fourneaux, qui consomment massivement du charbon, restent la norme, alors que les alternatives plus vertes peinent à s’imposer.

Des progrès insuffisants pour l’acier vert

Les capacités de production d’acier « vert », notamment via les fours électriques à arc, n’ont progressé que marginalement l’an dernier. Cette lenteur dans l’adoption de technologies moins polluantes interroge sur la volonté réelle des industriels à réduire leur empreinte carbone. Face à l’urgence climatique, les acteurs du secteur devront accélérer leur transition pour limiter leur impact environnemental. ## Une transition énergétique limitée dans la production d’acier

Les progrès vers une production d’acier « vert » restent insuffisants, selon les dernières analyses. Les fours électriques, capables de recycler des tôles d’acier ou de produire de l’acier primaire à partir de fer désoxydé, représentent désormais 34 % des capacités mondiales, contre 31 % en 2022. Cependant, cette évolution ne suffit pas à inverser la tendance, souligne Global Energy Monitor.

L’Inde et la Chine, acteurs clés d’une transition incertaine

Astrid Grigsby-Schulte, experte chez Global Energy Monitor, alerte sur les perspectives sombres de la transition énergétique dans le secteur sidérurgique. Elle souligne que l’Inde et la Chine, qui prévoient 86 % des nouvelles capacités basées sur le charbon, jouent un rôle déterminant. L’Inde, en particulier, développe 60 % des nouveaux hauts fourneaux au charbon et utilise des technologies carbonées pour 93 % de sa production de fer. Seuls 5 % des projets annoncés ont été concrétisés, laissant une marge d’action pour une transition plus verte.

La Chine, premier producteur mondial, freine la décarbonation

La Chine, premier producteur mondial d’acier, reste largement dépendante des énergies fossiles. Malgré les appels à adopter des technologies moins polluantes, les investissements dans des procédés bas carbone restent marginaux. Une évolution rapide de ces deux géants industriels serait pourtant décisive pour l’avenir de l’industrie sidérurgique.