Kamel Daoud condamné pour son roman interdit sur la décennie noire

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Une condamnation historique pour Kamel Daoud

L’écrivain franco-algérien Kamel Daoud a révélé, via un message publié sur X le 22 avril, avoir été condamné à trois ans de prison ferme et à une amende de cinq millions de dinars algériens. Cette décision, prise le 21 avril, intervient dans le cadre d’un procès lié à son roman *Houris*, interdit en Algérie en raison de son sujet sensible : la décennie noire (1992-2002).

Daoud dénonce une « première dans l’histoire algérienne », soulignant que la condamnation repose sur la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, qui interdit toute évocation publique de cette période marquée par une guerre civile ayant fait près de 200 000 morts. « Un seul coupable : un écrivain », ironise-t-il.

Un roman controversé et une accusation de plagiat

Prix Goncourt 2024, *Houris* raconte l’histoire d’Aube, une jeune femme muette après une attaque islamiste en 1999. L’ouvrage, partiellement situé à Oran, est interdit en Algérie en vertu d’une loi censurant toute référence à la décennie noire.

Saâda Arbane, rescapée d’un massacre durant cette période, a accusé Daoud d’avoir repris son histoire sans son consentement. L’écrivain n’a pas encore réagi publiquement à cette accusation.

Un verdict perçu comme une censure

La condamnation de Kamel Daoud soulève des questions sur la liberté d’expression en Algérie. Son roman, bien que primé en France, reste interdit dans son pays d’origine, où toute évocation de la guerre civile reste taboue. Les réactions internationales pourraient s’intensifier, notamment dans le milieu littéraire. ## Un conflit judiciaire autour d'une œuvre littéraire

Saâda Arbane, suivie par la psychiatre Aïcha Dahdouh, épouse de l'écrivain Kamel Daoud, à l’hôpital d’Oran depuis 2015, a accusé le couple d’avoir tenté d’utiliser son histoire sans son consentement. Dans un entretien accordé au *Monde* en 2025, elle a affirmé avoir refusé à trois reprises leur demande d’autorisation.

Procédures judiciaires et mandats d’arrêt

Se sentant « trahie », Saâda Arbane a engagé deux actions en justice : une en Algérie pour « violation du secret médical » et une autre en France pour « atteinte à la vie privée ». Parallèlement, Kamel Daoud fait l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux émis par l’Algérie en mai 2025, qu’il a rejetés.

La défense de l’écrivain et de son éditeur

Kamel Daoud et sa maison d’édition, Gallimard, ont qualifié l’œuvre incriminée de « fiction », fondée sur « une intrigue, des personnages et des événements inspirés de son vécu et de faits historiques ». Cette position a été réaffirmée en mai 2025, sans que les détails précis de l’affaire ne soient divulgués.