Burkina Faso: Hauts responsables militaires et djihadistes responsables de la mort de plus de 1 800 civils depuis 2023, selon HRW
L'ONG Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport jeudi 2 avril affirmant que l'armée burkinabée, ses supplétifs civils et la branche sahélienne d'Al-Qaida (JNIM) ont tué plus de 1 800 civils depuis 2023, qualifiant ces actes de "crimes de guerre et crimes contre l'humanité".
Une situation alarmante au Burkina Faso

Sous la direction du capitaine Ibrahim Traoré à la suite d'un coup d'État en septembre 2022, la junte burkinabée éprouve des difficultés à faire face à la montée de la violence perpétrée par des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaida et à l'État islamique. Cette situation a causé la mort de milliers de personnes au cours de la dernière décennie.
Les forces armées burkinabées, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et le groupe JNIM ont été responsables de la mort d'au moins 1 837 civils dans 11 régions du pays entre janvier 2023 et août 2025, lors de 57 incidents documentés par HRW. L'armée burkinabée et les VDP sont tenus pour responsables de la mort de 1 255 civils, dont 193 enfants, tandis que le JNIM est impliqué dans la mort de 582 civils, dont 15 enfants.
HRW accuse des hauts responsables burkinabés et des leaders terroristes
HRW estime que le capitaine Ibrahim Traoré et six hauts responsables burkinabés, ainsi qu’Iyad Ag Ghaly et quatre chefs du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) pourraient être pénalement responsables de graves exactions et devraient faire l’objet d’enquêtes, au titre de la responsabilité de commandement.
Des crimes de guerre et crimes contre l'humanité
« Les exactions commises par les forces gouvernementales, y compris les VDP, et par le JNIM constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité », précise HRW, appelant la Cour pénale internationale à ouvrir un examen préliminaire sur la « situation au Burkina ».
L’ONG explique s’être appuyée sur des sources ouvertes et avoir interrogé plus de 450 personnes à distance et physiquement au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Mali afin de documenter ces « exactions ». Dans l’une des attaques les plus meurtrières, l’armée burkinabée et des VDP « ont tué plus de 400 civils en décembre 2023 dans une quinzaine de villages près de la ville septentrionale de Djibo », relève HRW.
