Un candidat sous le feu des critiques
Emmanuel Moulin, proposé par Emmanuel Macron pour succéder à François Villeroy de Galhau à la tête de la Banque de France, a défendu sa candidature devant les sénateurs. Lors de son audition, mercredi 20 mai, il a insisté sur son indépendance, se présentant comme un "homme libre" et un serviteur de l'État depuis trois décennies. Son parcours, marqué par une proximité avec le pouvoir exécutif, suscite toutefois des réserves.
Un parcours mis en avant

Face aux commissaires des finances du Sénat, le candidat a souligné la diversité de son expérience, qu'il juge indispensable pour diriger l'institution. "Compétent et déterminé, je reste ouvert aux avis divergents", a-t-il déclaré, reconnaissant les interrogations soulevées par sa nomination. Il a également rappelé son attachement au service public, qu'il place au cœur de son engagement.
Un vote décisif en perspective
Après son passage devant les sénateurs, Emmanuel Moulin doit être auditionné par la commission des finances de l'Assemblée nationale. Sa nomination dépendra des votes des deux assemblées. Si elle est validée, il prendra la tête d'une institution clé pour la politique monétaire française, dans un contexte économique tendu. ## Un profil expérimenté pour succéder à Villeroy de Galhau
Emmanuel Moulin, 57 ans, pourrait prendre les rênes de la Banque de France après un vote des commissaires des deux chambres. Pour être désigné, il lui suffit d’éviter une majorité des trois cinquièmes de suffrages défavorables. Ancien directeur général du Trésor (2020-2024) et ex-secrétaire général de l’Élysée, il a aussi occupé des postes clés sous les présidences de Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron.
Un mandat de six ans sous réserve d’approbation
Si sa nomination est validée, Emmanuel Moulin succédera à François Villeroy de Galhau, en poste depuis 2015. Son mandat, renouvelable une fois, s’étendrait sur six ans. L’institution, indépendante, a pour mission de veiller à la stabilité monétaire, un rôle stratégique dans le contexte économique actuel.
Des critiques sur l’indépendance du futur gouverneur
La désignation d’Emmanuel Moulin relance les débats sur les nominations présidentielles. Les socialistes ont annoncé leur opposition, jugeant qu’il ne garantit pas "les garanties d’indépendance politique indispensables". Cette critique s’ajoute à celles déjà formulées après les nominations de Richard Ferrand (Conseil constitutionnel) et Amélie de Montchalin (Cour des comptes), deux proches du chef de l’État.
