Grand âge : le gouvernement sous pression pour un plan d'action concret

Date de publication

Media file: 01KPG/7FSPN/DHD4S/99C1F/0AQAK/Y/01KPG7FSPNDHD4S99C1F0AQAKY.png

Un cadre stratégique pour le grand âge

Le gouvernement a officialisé, ce samedi 18 avril, l’organisation d’une conférence nationale de l’autonomie prévue pour septembre. Cette annonce intervient deux mois après le report indéfini d’un plan grand âge très attendu par les professionnels du secteur, alors que la France fait face à un vieillissement accéléré de sa population.

La ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, a souligné l’objectif de cette conférence : « *Nous allons nous doter d’un cap clair pour les prochaines années, couvrant tous les aspects du vieillissement : prévention, Ehpad, domicile, habitats partagés, métiers du soin et soutien aux aidants* ». Elle a insisté sur la nécessité d’institutionnaliser les initiatives existantes pour structurer une réponse globale.

Une loi toujours en suspens

Les acteurs du secteur réclament depuis des années une loi « grand âge » à caractère pluriannuel, similaire aux lois de programmation militaires. Ce texte, promis mais jamais concrétisé, devait servir de feuille de route pour anticiper les besoins croissants liés au vieillissement démographique. Son absence prolongée a alimenté les critiques sur le manque de vision à long terme.

La conférence de septembre pourrait marquer une étape décisive, mais son contenu et ses suites restent à préciser. Les professionnels attendent des engagements concrets, alors que les défis – financement, formation, conditions de travail – s’accumulent.

Un enjeu démographique urgent

Avec une population vieillissante et des structures de soins sous tension, le gouvernement est sous pression pour agir. Les Ehpad, les services à domicile et les aidants familiaux sont déjà en première ligne. La conférence nationale de l’autonomie pourrait être l’occasion de définir un cadre ambitieux, mais son succès dépendra de la traduction en mesures concrètes. ## Un plan « grand âge » toujours en attente

La promesse d’un plan dédié aux personnes âgées en perte d’autonomie, annoncée en début de quinquennat, n’a pas été tenue. Initialement prévu pour le 12 février, ce projet devait définir les réponses à apporter à cette population et proposer des scénarios de financement. Son report sine die, lié au départ de Charlotte Parmentier-Lecocq, chargée du dossier, a suscité des critiques parmi les professionnels du secteur.

Des enjeux démographiques et économiques majeurs

D’ici 2050, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie devrait doubler, passant de 2,1 millions en 2015 à près de 4 millions, selon les projections. La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) estime qu’il faudra entre 150 000 et 200 000 emplois supplémentaires pour assurer les soins de base à ces personnes. Un défi d’autant plus pressant que le secteur peine à attirer des candidats.

Un retard critiqué dans un contexte tendu

Le report du plan « grand âge » a été jugé « inquiétant » par la défenseure des droits, alors que le vieillissement de la population et le manque d’attractivité des métiers du soin s’aggravent. Les professionnels du secteur déplorent ce retard, soulignant l’urgence d’une réforme pour répondre aux besoins croissants des personnes âgées dépendantes.