Le bio sous le feu des sanctions pour entente illicite

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Une amende record pour des pratiques anticoncurrentielles dans le bio

L’Autorité de la concurrence a infligé jeudi 16 avril des amendes totalisant 12,67 millions d’euros à Synadis Bio, ainsi qu’à des filiales de Carrefour et d’Intermarché-Les Mousquetaires. Cette sanction fait suite à une entente illicite de plus de sept ans visant à segmenter la distribution des produits bio entre magasins spécialisés et grandes surfaces.

Une stratégie visant à éviter la concurrence des prix

Selon l’autorité de régulation, cette « stratégie collective » avait pour but d’empêcher la commercialisation des mêmes marques bio dans les deux types de circuits. L’objectif était d’éviter toute comparabilité des prix, ce qui aurait pu entraîner une baisse généralisée des tarifs, au détriment des enseignes spécialisées.

Synadis Bio, principal sanctionné

Synadis Bio, qui regroupe des enseignes comme La Vie Claire, Biocoop, Naturalia (filiale de Casino) ou Accord Bio, a écopé de la plus lourde amende, s’élevant à 10 millions d’euros. L’autorité a souligné que cette pratique a été mise en place lors de réunions du conseil d’administration du syndicat, puis formalisée par un règlement intérieur adopté en 2018. ## Sanctions financières pour entente illicite dans le secteur bio

L’Autorité de la concurrence a infligé des amendes totalisant 2,67 millions d’euros à plusieurs acteurs du secteur bio, sanctionnant des pratiques anticoncurrentielles. Greenweez, filiale de Carrefour, est condamnée à 1,85 millions d’euros, tandis qu’ITM Entreprises (groupe Les Mousquetaires) et Les Comptoirs de la Bio écopent respectivement de 740 000 et 80 000 euros.

Un marché en forte croissance sous surveillance

L’entente illicite a été constatée dans un contexte de développement accéléré des produits bio en grande distribution, devenue le premier circuit de distribution depuis 2016. Les enseignes concernées, membres de Synadis Bio, pèsent lourd dans le secteur avec 2 000 magasins, 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et 15 000 emplois.

Des exclusions et des précisions de l’Autorité

L’Autorité a écarté la participation de certaines entreprises initialement visées, comme Sobio et CSF, détenues par Carrefour. Cette décision a été annoncée lors d’une conférence de presse jeudi, marquant la fin d’une enquête ouverte en 2019.