L'Algérie retire l'exigence d'excuses dans la loi sur la colonisation française
Le Parlement algérien a approuvé, lundi 9 mars, la version amendée de la loi criminalisant la colonisation française, qui ne mentionne plus les demandes d'excuses officielles et de réparations généralisées.
L'Etat français est désormais tenu responsable de son passé colonial en Algérie et des tragédies qui en ont résulté, selon cette loi.
L'article sur les compensations pour les victimes des essais nucléaires français en Algérie reste inchangé

La loi, votée en décembre 2025 à l'Assemblée populaire nationale, a été amendée par une commission paritaire.
Le rapporteur, Faouzi Bendjaballah, a expliqué que l'Etat algérien reste ferme sur sa position concernant sa mémoire et sa souveraineté, et ne cédera pas pour des avantages matériels.
Le Président Abdelmadjid Tebboune a précédemment souligné que l'Algérie demandait la reconnaissance des crimes commis par la France dans le pays, plutôt qu'une compensation financière. ## Révision de la qualification de trahison pour la « collaboration des harkis »
Le nouveau texte remplace désormais le terme de « haute trahison » par celui de « trahison » en ce qui concerne la « collaboration des harkis », qui étaient des auxiliaires algériens de l’armée française.
Tensions persistantes entre Paris et Alger sur la question de la colonisation française en Algérie
La colonisation française en Algérie demeure un sujet de tension majeur entre Paris et Alger. La conquête de l’Algérie à partir de 1830 a été marquée par des violences massives, des destructions socioéconomiques et des déportations de grande ampleur, selon plusieurs historiens. De nombreuses révoltes ont été réprimées avant une guerre d’indépendance sanglante (1954-1962) ayant causé la mort de 1,5 million d'Algériens selon l’Algérie et de 500 000 personnes, dont 400 000 Algériens, selon les historiens français.
Une situation diplomatique tendue entre la France et l'Algérie malgré des signes d'apaisement
L’adoption de la loi criminalisant la colonisation par l’Assemblée populaire nationale s'inscrit dans un contexte de crise diplomatique entre les deux pays, exacerbée par la reconnaissance par la France, à l’été 2024, d’un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental. Malgré des relations bilatérales tendues, une visite du ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez, à Alger en février dernier a marqué un début de dégel entre les deux pays.
