Un accord pour le retrait des Russes de Kidal
Les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont annoncé dimanche 26 avril avoir conclu un accord permettant aux soldats russes de l’Africa Corps de quitter la ville stratégique de Kidal, dans le nord du Mali. Selon les indépendantistes, ils contrôlent désormais « totalement » cette localité après des combats intenses.
Un responsable du FLA a confirmé à l’AFP que l’accord prévoit le retrait des forces russes et maliennes du Camp 2, leur dernière position fortifiée dans la ville. Les combats ont repris dimanche matin, opposant les rebelles touaregs, soutenus par les djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), aux troupes maliennes et à leurs alliés russes.
Attaques coordonnées contre la junte

Samedi, le GSIM, affilié à Al-Qaïda, a revendiqué des attaques coordonnées avec les indépendantistes touaregs contre des positions clés de la junte malienne. Ces offensives ont visé des cibles en périphérie de Bamako ainsi que dans plusieurs villes du pays, marquant une escalade des violences dans le nord du Mali.
Les rebelles touaregs et leurs alliés djihadistes ont intensifié leurs opérations ces derniers jours, profitant d’un affaiblissement apparent des forces gouvernementales et de leurs soutiens étrangers. La situation reste tendue, avec des risques de nouvelles confrontations dans les prochaines heures.
Un retrait russe sous conditions
L’accord conclu pour le retrait des soldats russes de Kidal intervient après des semaines de tensions croissantes. Les rebelles touaregs ont exigé le départ des forces étrangères, accusées de soutenir la junte au pouvoir. Les détails de l’accord, notamment les garanties de sécurité pour les troupes russes, n’ont pas été divulgués.
Cette évolution pourrait redessiner la carte des alliances dans le nord du Mali, où les groupes armés cherchent à étendre leur influence. Les autorités maliennes n’ont pas encore réagi officiellement à ces développements. ## Un bilan lourd pour le Mali après les attaques coordonnées
Les attaques menées samedi par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont marqué un tournant dans la crise sécuritaire malienne. Depuis la prise de pouvoir par la junte en 2020, le pays faisait face à une insécurité persistante, mais l’ampleur des violences de ce week-end est sans précédent. Les combats, qui ont débuté à l’aube, se sont intensifiés en périphérie de Bamako et dans plusieurs autres villes, opposant les forces armées maliennes aux assaillants.
La mort du ministre de la Défense, un coup dur pour la junte
Sadio Camara, ministre de la Défense et figure clé du régime militaire, a été tué lors de l’assaut contre sa résidence, selon des sources familiales, gouvernementales et militaires confirmées à l’AFP. Cette perte stratégique intervient alors que le Mali tente de consolider son contrôle sur des régions comme Kidal, reprise en novembre 2023 par l’armée malienne avec l’appui du groupe Wagner, mettant fin à plus d’une décennie de domination rebelle.
Un bilan officiel contesté et une situation volatile
Le gouvernement malien avait initialement minimisé l’impact des attaques, évoquant 16 blessés civils et militaires et des « dégâts matériels limités ». Il assurait que « la situation était totalement sous contrôle » dans les zones touchées. Cependant, la mort du ministre de la Défense et l’ampleur des combats suggèrent une réalité plus complexe, tandis que le pays reste en proie à des violences djihadistes depuis plus de dix ans.
